Se détacher des intentions égotiques

Dans ce deuxième stage, nous apprenons à sortir de toute considération intellectuelle. Il n’y donc aucune notion de plaisir ou de déplaisir par rapport à une expérience particulière. Et donc aucune apparition de l’égo en commentaire ou en volonté de pilotage.

Toute intention égotique induit une localisation, une réduction et une déformation des perceptions sensorielles conscientes.

A l’inverse, une absence de toute intention égotique, et plus globalement de toute autre considération intellectuelle, permet d’élargir de façon radicale les perceptions sensorielles. On considère que sur une base intellectuelle, la perception est de quelques dizaines de milliers d’informations par seconde. Quand les perceptions sensorielles au niveau du cerveau sont estimées à 40 milliards par seconde. Même si on peut ne pas croire à l’accès possible à cette totalité du fait entre autres de maintien de traces intellectuelles, on peut imaginer qu’il y a un changement de nature au niveau de l’expérience sensorielle sur une base de sagesse. Et donc dans la façon où nous nous articulons avec l’environnement, dont nous existons.

De plus si nous considérons un sens particulier comme la vue. Une partie de la lumière reflétée par un objet atteint notre cornée, elle traverse l’humeur aqueuse, la pupille, le cristallin, puis l’humeur vitrée. Elle atteint ensuite la rétine et modifie des pigments chimiques des cônes ou bâtonnets qui s’y trouvent, cette modification produit de l’électricité dans les neurones correspondants. La lumière, constituée d’ondes électromagnétiques, est convertie en impulsions électriques, puis transmise au système nerveux central par le nerf optique. C’est au niveau du cerveau que l’image sera générée. L’image est au sein de notre cerveau, quand nous avons l’impression que c’est l’objet extérieur avec lequel nous sommes en contact.

Ce qui est vrai de la vue est vrai des autres sens, toutes nos perceptions sont en nitre sein. Quand on travaille sur l’ouverture on arrive naturellement à cette réalisation par l’expérience. Vivre une non différence, une non dualité, entre intérieur et extérieur est béatifique, c’est également une source de grand apaisement et d’un total alignement intérieur. En effet les fluctuations mentales qui peuvent survenir sont une partie très faible de l’ensemble de l’expérience.

Vivre l’expérience comme un océan

On apprend ceci dit à restaurer très rapidement cette ouverture si on est à nouveau pris par une expérience particulière.

Souvent nous considérons que notre pensée ou une colère est différenciée de nous-mêmes qui la vivons, et nous développons des réactions par rapport à cette expérience. Dans le troisième stage nous expérimentons la nature de ces phénomènes mentaux, mouvements impermanents au sein de l’expérience globale.

Progressivement l’expérience est vécue comme un océan où les expériences sensorielles sont des reflets et les manifestations comme des vagues. Cette expérience stabilise l’ouverture.