L’attention

Être attentif à l’autre, à son environnement est une posture du corps et de l’esprit source de bienveillance et de sérénité. L’attention est la première clé pour s’ouvrir à la pleine conscience …

 

Selon L’Inserm, l’attention repose sur la capacité du système exécutif du cerveau à réunir deux facteurs : la motivation et la capacité à effectuer un filtrage efficace. C’est la capacité à mobiliser les processus cognitifs pertinents pour réaliser une tâche (répondre au téléphone, écrire un rapport…). L’attention est une fonction naturelle du cerveau. Développer une capacité d’attention simple et sans effort est donc accessible.

 

Difficultés

Parfois des pensées nous traversent. Dans la géographie du cerveau, ces pensées sont éloignées de la zone de la raison. Elles sont de ce fait souvent extrêmes, sans nuances, sans aucun doute et donc chargées émotionnellement. Nous sommes alors pris par ces pensées, en déconnection avec la réalité.

Comme l’a montré Kevin Ochsner[1], chercheur à l’université de Columbia aux Etats-Unis, les tentatives de suppression d’une expérience émotionnelle négative sont vouées à l’échec. Etouffer, ou chercher à dominer volontairement une colère par exemple, aura des conséquences non perçues. Alors que l’individu aura une impression subjective satisfaisante, l’activité du système limbique demeurera, c’est à dire que ses émotions négatives continueront à agir sur le cerveau et le corps, causant des dégâts, des habitudes néfastes.

Ne pas vouloir que ces émotions surgissent est tout aussi contre-productif. De façon analogique, si l’on demande de façon insistante à une personne de ne pas voir un ours blanc, elle va forcément le voir. Il est ainsi illusoire de vouloir maîtriser les choses par la force.

 

Moyens d’y faire face

Dans une étude intitulée « La mise de sentiments dans des mots », des participants sont exposés à l’image de personnes avec différentes expressions du visage. D’une manière prévisible, l’amygdale (partie du cerveau à la source des émotions) de chaque participant est activée. Mais quand on leur demande de nommer l’émotion liée à l’expression, le cortex préfrontal (siège entre autre de l’attention volontaire) est activé à son tour et l’activité de l’amygdale réduite. Décrire une émotion en un mot ou deux permet de sortir au moins partiellement de l’émotion, une partie de l’activité étant au niveau de l’attention. Cette capacité est aisément accessible. Dans une école primaire, une enseignante fait jouer les enfants à la reconnaissance des émotions, grâce à des images de personnages explicitement en colère ou inquiets par exemple. Dans une deuxième phase, les élèves sont invités à nommer l’émotion qui les traverse. Si l’un d’entre eux se met en colère, elle l’invite à nommer son émotion. Il dit « colère » et n’est plus pris dans cette émotion, cela le fait rire ainsi que tous les élèves de la classe qui adorent ce jeu.

L’ouverture

Plus vous êtes présent au corps, ouvert à mes sens, plus le nombre d’informations dont vous êtes conscient est grand, moins vous percevez les fluctuations de votre mental comme importantes. Elles sont peu de chose par rapport à l’ensemble des informations. Imaginez que vous percevez toute votre ville et tous ces habitants de façon simultanée et précise, vous ne réagirez pas sur la couleur d’un chapeau. Plus vous êtes ouvert à un grand nombre d’informations, moins la réaction à un petit stimulus interne est probable.

 

Apports

L’attention portée permet l’ouverture sans aucune saisie, l’ouverture permet la stabilisation de l’attention. C’est un équilibre bénéfique. Je ne suis plus pris, donc je suis plus stable, plus présent, en accord avec mes motivations. Comment puis-je être aligné et présent, si je suis concerné par le moindre plaisir ou la moindre contrariété ?

Comme le souligne Jeffrey Hollander, fondateur et dirigeant de l’entreprise Seventh Generation : « Diriger, c’est savoir écouter le tout mieux que les autres ». Regardons autour de nous. A l’ère du leadership global, tout étant interconnecté et interdépendant, la présence attentive globale devient une nécessité.

“On expérimente, grâce à la sagesse non-intellectuelle, un retour sur soi de plus en plus facile et une ouverture très gratifiante, liée à une grande chaleur humaine ! L’alignement en résulte, en soi et au sein de son environnement.”

Nicole Soneyrat, retraitée de chez France Télecom.

[1] Kevin Ochsner, K. N., & Gross, J. J. (2005), The cognitive control of emotion – Trends in Cognitive Sciences